Les tensioactifs
Un tensioactif, qu'on appelle aussi surfactant, est une molécule à deux faces : une tête qui aime l'eau (hydrophile) et une queue qui aime le gras (lipophile). En se plaçant à la frontière entre l'eau et l'huile, elle abaisse la tension de surface de l'eau. C'est ce qui permet à l'eau de mouiller, d'emprisonner les graisses et de mousser. Le savon lui-même est un tensioactif, le plus ancien de tous. On classe les tensioactifs selon la charge de leur tête : les anioniques (charge négative), comme le savon ou le SCI, sont ceux qui lavent ; les cationiques (charge positive), comme le BTMS, s'accrochent au cheveu pour le conditionner ; les non ioniques et les amphotères, plus doux, servent souvent en complément. Cette page présente les tensioactifs que j'utilise en dehors du savon, et pourquoi je les ai choisis.
Cocoyl iséthionate de sodium (SCI)
Nature : tensioactif anionique doux, fabriqué à partir des acides gras de l'huile de coco et de l'acide iséthionique.
Ce n'est pas du savon saponifié, et c'est voulu. Le savon a un pH d'environ 9 à 10 : c'est parfait pour la peau, mais sur les cheveux, cette alcalinité soulève les écailles de la cuticule. En plus, dans l'eau dure, le savon réagit avec le calcium et laisse un dépôt terne. Le SCI nettoie à un pH proche de celui du cuir chevelu, mousse bien même dans l'eau calcaire, et ne laisse pas de dépôt.
Dans : Shampoing solide, Cake à vaisselle
BTMS (méthosulfate de béhentrimonium)
Nature : tensioactif cationique conditionneur, tiré de l'acide béhénique de l'huile de colza.
C'est lui, l'actif principal qui adoucit les cheveux dans mon revitalisant. Sa molécule porte une charge positive. Or, la surface du cheveu est chargée négativement, surtout aux pointes et là où il est abîmé. Le BTMS s'y accroche donc exactement où le cheveu en a besoin, et y dépose un film très fin : les écailles se referment, le cheveu glisse, se démêle facilement, et l'électricité statique disparaît.
Dans : Revitalisant solide